L’Échec des Traitements Naturels

dessin d'un homme prenant une tisane en phytothérapie

Marre des produits chimiques, vous tentez un traitement naturel, mais celui-ci échoue… C’est frustrant, n’est-ce pas ?

La tentation est grande de conclure : « Les remèdes naturels, quelle arnaque ! »

👉🏼 Et si les principes actifs n’étaient pas à eux seuls responsables de cet échec ?

Avant de jeter vos herbes au compost et de crier à l’escroquerie, découvrez les véritables raisons qui peuvent faire échouer les thérapeutiques naturelles.

La phytothérapie comme vous ne l’avez jamais vue !

Microbiote :
le Talon d’Achille des Traitements


l'importance du microbiote intestinal en phytothérapie

C’est LE POINT ESSENTIEL sur lequel s’arrêter, avant même de vous expliquer comment choisir une plante médicinale efficace : la qualité du microbiote intestinal.

👉🏼 Le microbiote intestinal est un ensemble de micro-organismes (bactéries, virus, champignons, …) qui peuplent le système digestif et contribuent à l’équilibre du corps tout entier.

En cas de déséquilibre du microbiote, il y a ce qu’on appelle une dysbiose. C’est à dire qu’il y a une moindre diversité bactérienne avec une dominance de bactéries néfastes. En gros, c’est l’anarchie 🤘🏼.

Avec le temps, cette dysbiose endommage les muqueuses intestinales et altère la barrière qui fait le tri entre le « bon » et le « mauvais ». Les molécules nutritionnelles ne sont plus correctement assimilées.

👉🏼 Quel est le rapport avec l’échec des traitements naturels ?

Et bien prenons l’exemple de deux plantes salutaires en phytothérapie pour leurs propriétés anti-inflammatoires et antalgiques : la Reine des Prés (Filipendula ulmaria) et le Saule (Salix alba).

Selon le Docteur Pierre MAY, Docteur vétérinaire spécialisé en phytothérapie, acupuncture et ostéopathie, enseignant à l’ENVL, au DIU de phytothérapie de Lyon, Marseille et Clermont Ferrand ¹ :

« Ces deux plantes « aspirine » ont des actions assez proches avec comme particularité leur richesse en acide salicylique, ou plus exactement en salicoside, qui sera transformé ensuite au niveau intestinal en saligénine, puis absorbé et métabolisé en acide salicylique. L’efficacité de ces deux « aspirines végétales » suppose donc un
bon fonctionnement de la flore intestinale. »

Pour simplifier ses propos, avec un microbiote en berne, l’acide salicylique qui nous intéresse ici en tant qu’anti-inflammatoire ne sera pas métabolisé.

Il en est de même pour beaucoup d’autres traitements naturels, leurs effets dépendent en grande partie de la santé du microbiote.

👉🏼 À l’inverse, avec un microbiote équilibré, vous n’aurez sans nul doute plus besoin de recourir à ces béquilles thérapeutiques que sont les traitements (naturels ou pas).

Intéressons-nous maintenant à d’autres paramètres afin de déceler les causes d’un échec avec la phytothérapie.

Qualité des Plantes : Mode d’Emploi


En phytothérapie, on exige la qualité des plantes médicinales afin qu’un traitement naturel soit efficace.

Hélas, nous n’avons pas tous un jardin peuplé d’herbes fraîches thérapeutiques à portée de sécateur… Beaucoup de personnes achètent donc les plantes sèches en herboristerie.

Mais comment savoir si l’herboriste vend des plantes de qualité ?

Herboriste, comment le choisir ?

une herboristerie lieu essentiel de la phytothérapie

Non, l’herboriste n’est pas un vieux monsieur qui fait peur, cloîtré dans son arrière boutique qui sent la fermentation (du moins, plus à notre époque).

👉🏼 L’herboriste est avant tout une personne passionnée par son métier.

Pour connaître la qualité des plantes qu’il vend, questionnez-le sur la traçabilité : lieux et conditions de culture, dates de récoltes et modes de conservation.

Généralement, il vendra des produits avec des écolabels, principalement BIO.

💡 Avec l’expérience, j’ai remarqué que les plantes des petits producteurs possédaient souvent une qualité nettement supérieure – retrouvez les meilleures adresses ICI.

Néanmoins, en cas de doute, certains critères sont facilement identifiables afin de jauger la qualité et la fraîcheur des plantes médicinales que vous recevez.

Les 3 commandements : observer, sentir, goûter

👉🏼 C’est simple : les aromatiques doivent être aromatiques. À l’ouverture du sachet, sniffez !

Impossible de vous tromper lorsque vous sentirez cette délicieuse odeur de menthe ou de basilic, de thym ou de lavande… Une agréable senteur est un gage de fraîcheur.

Mais toutes les plantes ne sont pas aromatiques. Dans ce cas, fiez-vous à leur couleur et à leur goût.

👉🏼 La couleur variera selon la partie de la plante utilisée.

Les racines seront généralement dans les tons beiges/marrons, les feuilles conserveront leur vert, les parties aériennes (feuilles/fleurs) garderont la couleur de leurs fleurs.

👉🏼 Et concernant le goût ? Une tisane de plantes médicinales doit éveiller vos papilles !

Quelques exemples :

La réglisse (Glycyrrhiza glabra) : en phytothérapie, on utilise sa racine comme expectorante, anti-ulcéreuse gastrique, antivirale, anti-inflammatoire… Une bonne racine de réglisse a une couleur jaune et un goût de réglisse très prononcé. D’ailleurs, lorsque la dose est trop élevée dans votre tasse, ça pique la gorge.

L’amertume d’une infusion de chardon marie (Sylibum marianum) ou d’artichaut (Cynara scolymus) vous fera grimacer dès la première gorgée.

La potentille tormentille (Potentilla erecta) : sa racine est utilisée en phytothérapie pour stopper toutes les inflammations digestives (diarrhées, ulcères, hémorroïdes). Son astringence (due à sa forte teneur en tanins) est remarquable ! En bouche, elle vous donnera un sensation de sècheresse assez surprenante.

En résumé, si les plantes exaltent vos sens, c’est d’ores et déjà un signe de qualité.

Phytothérapie de la graine à la récolte : les secrets de l’efficacité

Les conditions de culture des plantes médicinales sont une des bases de l’échec ou de la réussite d’un traitement naturel.

Une plante, comme nous, a des besoins : certaines préfèrent la chaleur et la sécheresse pour s’épanouir. D’autres, à l’inverse, affectionnent un climat humide et frais.

Au cours de leur vie, les plantes vont subir des agressions diverses (climatiques, parasitaires, …) auxquelles elles devront s’adapter pour survivre.

Car lorsqu’elles s’adaptent, les plantes développent des molécules de défenses plus ou moins complexes, qui deviennent les précieux principes actifs que nous recherchons en phytothérapie.

Les TANINS par exemple, sont généralement présents dans une plante qui se protège des agressions extérieures.
Le vin contient des tanins en quantité car la vigne est mise à rude épreuve lorsque l’homme la contraint à pousser sur des sols pauvres et secs, en plein soleil et en plein vent, avec une taille sévère. Pour résister à ces conditions de vie stressantes, elle accumule beaucoup de tanins qui la protègent notamment des radicaux libres.

👉🏼 Retenez que le milieu naturel où pousse une plante – sans l’intervention de l’homme – est un facteur essentiel à son plein épanouissement : un thym qui se développe dans les rocailles du sud sera tout de même plus puissant (riches en principes actifs) qu’un thym planté dans un sol humide et froid du nord.

Ai-je besoin d’ajouter quelques mots sur les engrais et les pesticides ?

Oui, oui, oui ! OK.

« Une plante cultivée aux abords d’une zone polluée, et dont la pousse a été « dopée » par des engrais n’aura forcément pas
les mêmes composants chimiques, et donc pas les mêmes vertus, qu’une plante venue d’un biotope sain, par des méthodes naturelles. »
(Ouvrage Guide de l’olfactothérapie, édition Albin Michel)

La récolte joue également un rôle déterminant dans l’efficacité d’un traitement naturel.

Selon le stade de développement d’une plante, le taux d’un principe actif pourra être élevé ou quasiment absent.

👉🏼 Exemple : la Sarriette des montagnes (Satureja montana) : son taux de carvacrol (puissant anti infectieux) est considérable en mai et s’effondre en octobre, lorsque la plante a terminé son cycle. Dès lors, si vous recherchez ce côté « anti-infectieux », il sera judicieux de récolter la sarriette au printemps.

Dans son ouvrage Phytothérapie traitement des maladies par les plantes (6ème édition), Jean VALNET précise, concernant l’olivier :

« C’est la feuille des rejets qui est la plus active, et c’est en NOVEMBRE qu’elle doit être récoltée (travaux de J. Pellecuer et coll, Faculté de pharmacie de Montpellier, 1975). En 1991, pas un seul responsable de laboratoires pharmaceutiques fabricant des produits à base de feuilles d’olivier ne connaissait ces importantes précisions. »
« La négligence des données de récoltes a contribué, pour beaucoup, à faire tomber les plantes, à plusieurs reprises, dans le discrédit. »

Heureusement, les choses ont évolué depuis ! Il n’empêche que des revendeurs peu scrupuleux pourraient facilement négliger ces conditions.

Galénique des Traitements Naturels :
Faites le Bon Choix


illustration de différentes formes galéniques de plantes médicinales en phytothérapie

Gélules, ampoules, teintures mères, huiles essentielles, macérats huileux, EPS, hydrolats, bourgeons… En phytothérapie, on s’y perd facilement ! Lisez la suite et laissez-vous guider.

Les différences notables entre toutes ces préparations sont les suivantes : les parties des plantes utilisées varient, tout comme les procédés d’extraction.

👉🏼 Par conséquent, les effets thérapeutiques seront différents selon la forme du traitement que vous choisirez.

Comprendre les procédés d’extraction

La plupart du temps, une plante médicinale macère dans un solvant afin d’en extraire ses principes actifs.

  • L’EAU : pour extraire les principes actifs hydrosolubles (sucres, tanins, mucilages, sels minéraux …)
  • L’ALCOOL : pour extraire les principes actifs hydrosolubles et d’autres actifs insolubles dans l’eau (alcaloïdes, certains composés aromatiques, …)
  • L’HUILE : pour extraire les principes actifs liposolubles (certaines vitamines, composés aromatiques, acides gras, …)

Il existe d’autres solvants : vinaigre, éther, glycérine, etc, chacun ayant la même fonction : extraire les molécules actives d’une plante.

Choisir un traitement grâce au solvant

Optez pour la racine de guimauve (Althaea officinalis), riche en mucilages (adoucissants des muqueuses). Puisque les mucilages sont solubles dans l’eau, il faudra donc faire une DÉCOCTION des racines, ou une macération dans de l’eau tempérée quelques heures.

Choisissez par exemple le pavot de Californie (Eschscholtzia californica), riche en alcaloïdes isoquinoléiques (effets sédatifs et anxiolytiques). Puisque les alcaloïdes sont solubles dans l’alcool, la forme à consommer sera la TEINTURE MÈRE (ou toute autre préparation qui aura utilisé de l’alcool comme solvant d’extraction).

Fleurs, feuilles, racines : quelle importance ?

Les principes actifs d’un traitement ne sont pas les mêmes selon que l’on choisi la feuille ou la racine, le fruit ou le bourgeon.

👉🏼 Prenons le cas du Cyprès toujours vert (Cupressus sempervirens) : ses fruits (cônes) ont des effets thérapeutiques différents de l’huile essentielle obtenue de ses rameaux. Cônes/fruits : effet antiviral et protecteur des tissus conjonctifs très marqués. Huile essentielle : indiquée contre la toux sèche et les troubles circulatoires.

👉🏼 Puis de l’Olivier (Olea europea L.) : ses jeunes pousses (gemmothérapie) sont plutôt conseillées contre la mauvaise circulation cérébrale, tandis que ses feuilles sont davantage utilisées contre l’hypertension, l’insuffisance cardiaque, le diabète et le cholestérol.

Conclusion


Il existe une multitude de facteurs pouvant être à l’origine de l’échec d’un traitement naturel.

Lorsque l’on n’a pas acquis les compétences nécessaires pour cibler le traitement adapté (chacun son métier), on risque de s’exposer à une expérience décevante.

👉🏼 Rappelez-vous qu’il est préférable de s’entourer de professionnel(le)s qui sauront vous guider dans cette abondance de choix plutôt que de dépenser inutilement votre argent – et votre temps – en testant à l’aveuglette.

Et n’oubliez jamais qu’un traitement n’est qu’une « béquille » thérapeutique qui prend en charge les symptômes et jamais les CAUSES d’une maladie – oui je radote, je sais.

💡 Je vous laisse avec mes meilleures adresses (testées et approuvées) pour trouver des plantes médicinales de qualité.

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4 réflexions sur “L’Échec des Traitements Naturels”

  1. Merci pour cet article super intéressant. pour mon cas personnel, je valide, c’est le microbiote et j’ajouterai le sommeil qui sont les plus importants.

  2. Un échec en phytothérapie n’est pas une fatalité, mais souvent une question de méthode et de qualité !
    Merci pour cet article éclairant sur les raisons possibles de l’échec des traitements naturels. Votre insistance sur l’importance du microbiote, de la qualité des plantes et de la forme galénique est essentielle. En effet, même les compléments alimentaires naturels les plus prometteurs, comme la chlorella en poudre (riche en nutriments pour soutenir l’énergie et le métabolisme) ou la lactoferrine (pour renforcer l’immunité), ne peuvent agir pleinement si le terrain biologique n’est pas préparé.
    Votre rappel sur la nécessité d’un accompagnement professionnel est aussi crucial : choisir la bonne forme (gélules, poudre, huile) et la bonne origine (comme l’huile d’argousier allemande, reconnue pour ses propriétés anti-inflammatoires) fait toute la différence. La phytothérapie et les superaliments ne sont pas des solutions magiques, mais des alliés à intégrer intelligemment, avec patience et rigueur.
    Merci pour ces conseils qui redonnent confiance dans les remèdes naturels — à condition de les utiliser correctement !

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